Quelles sont les aides pour compenser mon handicap ?

Deux principaux circuits permettent d’accéder à des moyens de compensation du handicap :

  • Le premier concerne les activités importantes de la vie quotidienne et est géré par la MDPH
  • Le second favorise l’insertion professionnelle et est géré par l’AGEFIPH ou la FIPHFP


Compensation dans la vie quotidienne (MDPH) :

En premier lieu, la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) propose la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour permettre de financer certaines dépenses liées au handicap pour les actes essentiels de la vie quotidienne avec des conditions d’âge, de ressources, de résidence et de perte d’autonomie pour la réalisation d’activités importantes du quotidien.

Cette PCH comprend différentes formes d’aides :

  • L’aide humaine permet de rémunérer un service d’aide à domicile ou de dédommager un aidant familial selon le nombre d’heures réalisées par les aidants. Elle est versée après présentation de justificatifs tels des factures de prestations. Cette aide peut être forfaitaire pour les personnes atteintes de surdité (max 405,6€/mois) ou de cécité (676€ par mois)
  • L’aide technique est destinée à l’achat ou la location d’un matériel compensant le handicap. Le niveau de remboursement diffère de 80 à 100 % de prise en charge, selon que l’aide figure ou non sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) par la Sécurité sociale, avec un plafond de 3 960 € par période de 3 ans
  • L’aide à l’aménagement du logement peut financer des travaux permettant de compenser les limitations d’activité dans le logement, que ce soit à titre définitif ou provisoire avec un taux de prise en charge de 80 à 100 %, plafonné à 10 000 € par période de 10 ans.
  • L’aide au transport comprend l’aménagement d’un véhicule ou les surcoûts liés aux trajets (réguliers, fréquents ou correspondants à un départ annuel en congés).
  • L’aide spécifique ou exceptionnelle permet de prendre en charge des dépenses non prises en compte par un des autres éléments de la PCH, jusqu’à 75 % des charges spécifiques (dépenses permanentes et prévisibles liées au handicap comme des frais d’entretien d’un fauteuil roulant) ou des charges exceptionnelles (dépenses ponctuelles liées au handicap comme des frais de réparations d’un lit médicalisé).
  • L’aide animalière est destinée à l’acquisition et à l’entretien d’un animal qui doit avoir été éduqué par des éducateurs qualifiés. Le remboursement peut aller de 80 à 100 % des frais plafonné à 3 000 € par période de 5 ans.

Pour bénéficier de la PCH, il est nécessaire de compléter le formulaire et le certificat médical disponibles sur le site de la MDPH, puis de l’envoyer à la MDPH du département de résidence, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception. La MDPH peut donner une réponse dans un délai de 4 mois, mais ces délais peuvent parfois être bien plus longs.

Compensation dans la vie professionnelle (AGEFIPH / FIFPH) :

Ce deuxième circuit permettant la compensation du handicap se fait par l’AGEFIPH (ou son équivalent dans le secteur public le FIPHFH).

Il permet de favoriser l’activité professionnelle de personnes en situation de handicap. De manière générale les aides possibles sont évaluées après une analyse de la situation de la personne dans une logique de stricte compensation du handicap, c’est-à-dire en excluant les investissements qui, par nature, sont rendus obligatoires pour tenir le poste, handicap ou non.

N’hésitez pas à consulter ici notre article sur le statut de TIH (Travailleur Indépendant Handicapé).

Différentes aides peuvent être mobilisées selon les situations :

  • L’aide à l’adaptation des situations de travail peut être accordée à l’entrepreneur pour la mise en œuvre de tous les moyens (techniques, humains ou organisationnels) permettant son accès à l’emploi ou son maintien dans l’emploi par l’adaptation du poste de travail, comme les frais liés à l’aménagement de poste, l’interprétariat, le tutorat, l’auxiliariat professionnel, la transcription braille ou encore des logiciels spécifiques, avec un plafond 11 000 €.
  • Selon les situations, c’est davantage l’aide humaine ou l’aide technique qui peuvent être accordées ponctuellement pour favoriser l’autonomie d’une personne en situation de handicap dans son parcours professionnel. Ainsi, l’aide humaine est accordée pour financer l’intervention d’un tiers permettant de réaliser un geste professionnel à la place de la personne avec un plafond de 4 000 €. Quant à l’aide technique, elle est accordée, pour l’achat d’une aide technique, en compensation du handicap avec un plafond de 5 000 €.
  • En complément, l’aide aux déplacements peut être accordée pour prendre en charge les surcoûts en lien avec le handicap pour les déplacements : équipements adaptés à installer sur un véhicule individuel, aménagement de véhicule d’un tiers accompagnant, taxi, transport adapté, avec un plafond de 5 000 €.

Afin d’analyser au mieux les besoins ainsi que les aides à la compensation du handicap mobilisable auprès de l’AGEFIPH, il est conseillé de prendre contact avec le Cap Emploi. Leurs conseillers proposent un accompagnement pour mener les démarches nécessaires.

Il est important de noter que les aides de l’AGEFIPH viennent en complément des interventions légales ou réglementaires auxquelles peut prétendre la personne. Il est donc conseillé de se renseigner également auprès de la sécurité sociale, de votre prévoyance et de votre mutuelle, sur les aides qu’ils proposent pour la compensation du handicap.

  • Une dernière démarche peut être pertinente si les besoins de compensation restent pérennes une fois tous les aménagements possibles de la situation de travail réalisés :  faire « reconnaitre la lourdeur du handicap ». En effet l’aide liée à la Reconnaissance de la Lourdeur du Handicap (RLH) a pour objectif de compenser financièrement les charges importantes supportées par une entreprise du fait des conséquences du handicap sur la tenue du poste après mise en place de l’aménagement optimal de la situation de travail.

Cette demande se fait par la constitution d’un dossier, devant notamment présenter l’aménagement optimal déjà mis en place et objectiver le montant des charges encore supportées par l’entreprise. Dès lors que ce montant est suffisamment significatif, une décision administrative de RLH peut être accordée.

L’aide est ensuite versée trimestriellement sur déclaration des heures de travail réalisées. Il est conseillé à l’entrepreneur travaillant à temps plein au sein de son entreprise, de le déclarer ainsi, même si le travail effectué pour ses clients est inférieur à un temps plein. En effet, il est important de valoriser les taches entrepreneuriales réalisées en amont et en aval de ses missions (prospection, marketing, comptabilité…).

Pour aller plus loin:

  • TIH-Learning, vous propose des modules de formation gratuit à destination des TIH (Travailleur Indépendant Handicapé) qui abordent les thèmes de l’entrepreneuriat et du handicap.
  • Notre article sur: Qu’est ce que le statut de TIH? (Travailleur Indépendant Handicapé)

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